Guide des Métaux
L'art du métal précieux
Avant la pierre, il y a le métal. C'est lui qui donne sa structure à la création, qui porte le sertissage, qui se laisse marquer par le poinçon, qui résiste au temps. Comprendre le métal d'un bijou, c'est comprendre la matière de votre engagement à le porter.
Notre Maison travaille exclusivement avec deux familles de métaux : l'or 18 carats, sous ses trois variantes de couleur, et le platine 950. Ce périmètre restreint n'est pas une limite, c'est une exigence : seuls ces titres garantissent l'inaltérabilité, la dignité du sertissage, et la transmission patrimoniale qui sont la signature GHAUM.
I. L'or 18 carats (750 millièmes)
L'or pur, à 24 carats, est trop tendre pour la joaillerie quotidienne. Le bijou en or 24K se déforme, se raye, perd ses pierres. C'est pourquoi les Maisons sérieuses travaillent en 18 carats : 750 millièmes d'or fin allié à 250 millièmes d'autres métaux. Ce titre, légèrement supérieur au 14K anglo-saxon, offre l'équilibre parfait entre richesse de la couleur et résistance mécanique.
L'or jaune (YG18)
L'or jaune 18 carats est traditionnellement composé de 750 millièmes d'or fin, allié à un mélange équilibré de cuivre et d'argent. Ce dosage donne à l'or jaune sa chaleur caractéristique, plus solaire que le 24K trop orangé, plus profond que l'or rose. C'est le métal historique de la haute joaillerie française, celui qui dialogue le mieux avec les diamants blancs et avec les peaux de l'ensemble du spectre humain.
L'or jaune 18K supporte parfaitement le port quotidien. Il développe avec le temps une légère patine, qui n'altère ni sa couleur ni sa valeur, et que beaucoup de nos clients apprécient comme une marque vivante du temps.
L'or blanc (WG18)
L'or blanc 18 carats est composé de 750 millièmes d'or fin, allié à du palladium ou du nickel selon la formule choisie. Notre Maison utilise exclusivement la formule au palladium, plus respectueuse des peaux sensibles, conforme à la directive européenne sur les alliages nickel.
L'or blanc présente naturellement une teinte légèrement grise, que l'on rehausse par un traitement de surface appelé rhodiage. Le rhodiage applique une fine couche de rhodium pur, métal du groupe du platine, qui confère au bijou son éclat blanc immaculé. Ce traitement s'estompe avec le port et l'usure, sur une durée de trois à cinq ans selon l'intensité d'usage. À ce moment, un simple passage à l'atelier permet de renouveler le rhodiage. Cette intervention fait partie de notre garantie commerciale à vie sur l'entretien.
L'or rose (RG18)
L'or rose 18 carats est composé de 750 millièmes d'or fin, allié à une proportion plus importante de cuivre, ce qui lui confère sa teinte chaude et romantique. Son intensité varie selon la formule, d'un rose presque doré à un rose plus marqué.
L'or rose s'est imposé comme un classique contemporain depuis les années 2010, particulièrement sur les solitaires d'engagement et les alliances. Sa chaleur naturelle flatte une large palette de carnations, et il se marie élégamment avec les diamants comme avec les pierres de couleur.
II. Le platine 950
Le platine est le métal des grandes œuvres patrimoniales. Trente fois plus rare que l'or dans la croûte terrestre, exceptionnellement dense (sa densité est de 21,45 g/cm³ contre 19,32 pour l'or), il offre au bijou une présence tactile unique : un solitaire en platine pèse sensiblement plus qu'un solitaire en or, et cette densité confère à la pièce une autorité immédiatement perceptible.
Notre platine est au titre 950 millièmes, c'est-à-dire 950 parties de platine pur pour 50 parties d'iridium ou de ruthénium, qui apportent la rigidité nécessaire au sertissage. Ce titre est le standard français de la haute joaillerie.
Le platine ne s'oxyde pas et ne change pas de couleur dans le temps. Une bague en platine de 1900, retrouvée intacte, présente exactement la même teinte qu'une bague façonnée aujourd'hui. Cette inaltérabilité explique pourquoi le platine reste le choix des pièces les plus emblématiques du vingtième siècle, et pourquoi nous le recommandons pour les solitaires d'engagement transmis sur plusieurs générations.
III. L'or recyclé GHAUM
Notre Maison privilégie l'or recyclé pour la totalité de ses créations en or 18 carats. Cette démarche, encore minoritaire dans le secteur, est pour nous une évidence éthique et environnementale.
L'or recyclé est issu de l'affinage de bijoux anciens, de composants électroniques, et de chutes de fabrication, qui sont fondus, purifiés, et redonnent un or fin chimiquement identique à l'or d'extraction primaire. Notre filière, exclusivement européenne, est certifiée par le Responsible Jewellery Council, dont les standards encadrent la traçabilité de la chaîne d'approvisionnement.
L'or recyclé GHAUM divise par dix l'empreinte environnementale du métal de votre bijou, sans aucun compromis sur sa qualité, sa pureté, ou son apparence. À l'œil et à l'analyse, un bijou en or recyclé est strictement indistinguable d'un bijou en or d'extraction.
IV. Les poinçons officiels
Chaque bijou en métal précieux vendu en France doit porter deux poinçons officiels, déposés et contrôlés par la Garantie de l'État français ou par un organisme délégué.
Le poinçon de Maître
Le poinçon de Maître identifie l'atelier façonnier qui a réalisé la pièce. Ce poinçon est déposé par chaque atelier auprès du registre national, et son insculpation sur le bijou engage la responsabilité technique de l'atelier. Tous les ateliers partenaires de notre Maison disposent d'un poinçon de Maître officiellement enregistré.
Le poinçon de l'État
Le poinçon de l'État atteste du titre du métal. Il prend la forme d'un petit pictogramme, propre à chaque alliage :
- Tête d'aigle : pour l'or 750 millièmes (18 carats), toutes couleurs confondues.
- Tête de chien : pour le platine 950 millièmes.
- Cygne : pour les bijoux importés titrés à 750 millièmes (rarement utilisé dans la création GHAUM).
Le poinçon GHAUM
À ces poinçons officiels s'ajoute le poinçon GHAUM, gravé à l'intérieur de chaque création. Discret, présent uniquement sur la face cachée du bijou, il confirme l'origine de la pièce et son rattachement à la Maison. Ce poinçon est la signature de votre acquisition, et il reste lisible et reconnaissable à travers les générations.
V. Choisir son métal
Le choix du métal d'un bijou se fait sur trois critères, dans l'ordre qui vous convient.
La couleur de peau
L'or jaune flatte particulièrement les peaux dorées, mates ou chaudes. L'or rose convient à toutes les carnations, avec une affinité particulière pour les peaux légèrement rosées. L'or blanc et le platine s'accordent à toutes les peaux, et sont particulièrement seyants sur les peaux froides ou claires.
Le dialogue avec vos autres bijoux
Un bijou se porte rarement seul. Si vous portez déjà une montre en or jaune, une alliance en or jaune, ou un pendentif transmis dans la famille, votre nouveau bijou GHAUM gagnera en harmonie à reprendre ce métal. Le mélange des métaux (or jaune et or blanc, par exemple) reste possible et même affirmé dans certaines créations contemporaines, mais il demande une intention claire.
La projection patrimoniale
Pour un solitaire d'engagement, une alliance, un pendentif appelé à être transmis, le platine offre la garantie maximale de durabilité et d'inaltérabilité. Son surcoût initial, environ trente à quarante pour cent par rapport à l'or 18 carats, se justifie pleinement dès lors que la pièce a vocation à traverser plusieurs générations.
VI. L'entretien du métal
L'or 18 carats et le platine 950 sont des matières patientes. Ils traversent le temps avec dignité, à condition de respecter quelques règles simples.
L'or jaune et l'or rose développent une patine naturelle qui ne nécessite pas d'intervention, sauf si vous souhaitez retrouver l'éclat initial : un polissage atelier suffit. L'or blanc demande un renouvellement du rhodiage tous les trois à cinq ans selon l'usage. Le platine peut développer une fine pellicule de micro-rayures qui forment ce que l'on appelle la patine du platine, très recherchée par les amateurs et que nous pouvons soit conserver, soit polir, selon votre préférence.
Notre garantie commerciale à vie couvre ces interventions atelier : rhodiage, polissage, contrôle des sertissages, redimensionnement. Cette garantie est transmissible à tout détenteur de la pièce sur présentation de la facture originale.
Questions fréquentes
Pourquoi ne proposez-vous pas d'or 9 carats ou 14 carats ?
L'or 9 carats (375 millièmes) et l'or 14 carats (585 millièmes) sont des alliages plus économiques, mais leur teneur en or fin est trop faible pour résister durablement au sertissage des diamants et préserver l'éclat caractéristique du métal précieux. Notre Maison se concentre exclusivement sur le 18 carats et le platine 950, standards de la haute joaillerie française.
L'or blanc est-il vraiment blanc ?
L'or blanc présente naturellement une teinte légèrement grise, que le rhodiage transforme en blanc immaculé. Sous le rhodium, l'or reste fondamentalement un alliage chaud. Cette particularité explique pourquoi un bijou en or blanc nécessite un rhodiage périodique. Si l'inaltérabilité totale de la couleur blanche est essentielle pour vous, le platine est la solution.
Peut-on mélanger or jaune et or blanc sur une même pièce ?
Oui, et cette tradition bicolore est très présente dans la joaillerie française des années 1940 à 1970. Notre Studio de Conception peut réaliser des créations bicolores ou tricolores sur mesure. Pour les pièces du catalogue, le métal est fixé par la collection.
Le platine s'use-t-il moins que l'or ?
Le platine est plus dense et plus dur que l'or 18 carats, mais il peut développer des micro-rayures de surface plus marquées. La grande différence est qu'une rayure sur le platine déplace la matière sans la perdre, contrairement à l'or où la matière est emportée par le frottement. Sur une vie de port, la perte massique du platine est ainsi inférieure à celle de l'or, ce qui en fait le métal patrimonial par excellence.
Or 18 carats, platine 950, poinçons et entretien. Le vocabulaire des métaux précieux GHAUM.


